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Introduction à la psychologie sociale

mardi 17 novembre 2009, par Methivier J.

Attention, cet article est un brouillon. Il peut comporter des erreurs orthographiques, semantiques...

I. Qu’est ce que la psychologie sociale ?

1. présentation et naissance de la psychologie sociale

De la nature à la culture.

Le passage du droit divin au droit des peuples a permis le questionnement sur l’Homme et sa nature. L’être humain devient connaissable.

Peuvent alors émerger de nouvelles idées, ou plutôt la mise en pratique d’idées : tous les hommes naissent égaux entre eux, un contrat social, une liberté de religion, les pouvoirs (spirituel et étatiques) doivent être séparés, élire les gouvernants (il n’y a pas de supériorité de nature).

Les incidences respectives du social et du "génétiquement programmé" sont posées et alimentent le débat nature-culture.

Dans ce contexte, et avec le développement industriel, la nécessité sociale forte interroge : comment gérer au mieux la relation homme-machine. Ces questions marque le début de la psychométrie (test d’intelligence, de personnalité, etc.)

Le débat inné-acquis trouve de nombreux arguments dans un l’un ou l’autre sens. "le social" commence a avoir un rôle prépondérant.

Naissance.

La psychologie sociale nait en Europe. Lazarus et Steinthal fondent en 1860 le Revue de psychologie des peuples et de linguistique. Triplett (1897) mène la première expérimentation. Le premier manuel de psychologie sociale paraît en 1902, signé Orano sous le titre "Etudes de psychologie sociale".

Les origines.

Les grands bouleversements qui touchent l’Europe à cette époque constituent le berceau de la psychologie sociale :
- révolutions politiques et sociales changent les rapports de pouvoir entre les groupes.
- effondrement des grands empires multinationnaux sous la poussées des nationalismes.
- révolutions industrielles entrainent le développement du capitialisme et naissance idéologie prolétarienne.
- remise en cause des fondements religieux et de leurs ordres sociaux par les révolutions.

La théorie de l’évolution (Darwin, 1859) constitue un tremplin pour la psychologie sociale. Les variations biologiques entre les individus au sein d’une même espèce sont le résultat de mutations génétiques aléatoires et héréditaires qui favorisent l’adaptation des individus à leur environnement (processus d’évolution) ou les gênent (processus d’involution). Le premier contribue à la survie de l’espèce et de l’individu et le second, à l’inverse, à l’extinction de la lignée.

Galton applique cette théorie au niveau psychologique, pour expliquer que l’homme, malgré son infériorité face aux autres espèces sous bien des aspects, ait survécu. Il envisage l’intelligence comme la mutation ultime. les plus intelligents sont alors ceux qui ont le plus adapté leur environnement. Ce raisonnement et le contexte dans lequel il apparait, conduit rapidement à envisager un lien entre réussite sociale et intelligence mais également à quelques dérives plus ou moins dramatiques (comme les politiques eugénistes ou le nazisme qui peuvent s’appuyer sur ces théories pour justifier certaines actions).

2. Qu’est ce que la psychologie sociale et définitions

La psychologie sociale se caractérise :
- par la diversité des méthodes utilisés : méthode comparative (larges échantillons), expérimentale, (hypothèses, variables, collecte des données et interprétations des résultats), clinique (entretiens, sondages, étude de cas).
- par la diversité des ses objets d’étude : raisonnement, pouvoir, changement d’attitude, relations interpersonnelles, émotions, groupes.
- par la non-linéarité de son approche : le rôle d’autrui est pris en compte pour comprendre et expliquer les conduites individuelles et collectives.

La psychologie sociale explore différents niveaux d’explication. Doise (1982) propose quatre niveaux d’explication :
- au niveau intra-individuel/intrapsychique, l’explication des comportements est recherchée en l’individu lui-même
- au niveau interindividuel, elle est recherchée dans l’environnement des individus en dehors de toute autre chose ne faisant pas immédiatement partie de l’interaction sociale en cours
- au niveau positionnel, elle est recherchée dans la position particulière qu’occupe un individu dans un système social.
- au niveau idéologique, elle prend en compte le système de croyances des individus, leurs représentations, les dynamiques sociales réelles.

Définitions :

Définir les psychologie sociale, c’est dire que l’Homme est de nature sociale, et que les explications sociales sont à prendre en compte. Allport (1954) : elle "tend à comprendre et à expliquer comment les pensées, les sentiments, les comportements moteurs des êtres humains sont influencés par un autrui réel, imaginaire ou implicite". L’autrui réel est une personne physique, l’autrui imaginaire est tout ce qui ramène l’individu à la connaissance et à la prise en compte de son caractère social (le journal, le groupe social...), l’autrui implicite est le contexte socioculturel, les normes, les valeurs.

Leyens (1979) ajoute à cette définition l’idée d’interdépendance : "et comment ces pensées sentiments et comportements peuvent influencer cet autrui réel, imaginaire et implicite". Vallerand (1994) ajoute "l’influence des stimuli sociaux et l’influence de nos propres composantes psychologiques personnelles sur notre comportement".

Ces définitions vont de l’individu isolé à un groupe de personne et même également à la représentation de l’autre (Doise, 1982).

3. Objets et thématiques en psychologie sociale

La recherche en psychologie sociale. "En attendant le skinhead"

Il est onze heures du matin, je pénètre dans une salle d’attente où tout à l’heure je dois rencontrer un jeune homme qui m’a été présenté comme un "skinhead". Sur la première des huit chaises de la salle d’attente, je vois un blouson en jean et un sac. Ces indices me confirment qu’il s’agit bien d’un "skinhead", que je sais plus familier des blousons en jean que des vestes en tweed, et des sacs plutôt que des attaché-cases. La catégorie "skinhead" ne m’apprend pas seulement qui est cet inconnu, mais ce qu’il est susceptible d’entreprendre à mon égard. Admettons donc que j’ai quelque raison de croire que les "skinhead" sont violents. Peut être alors choisirais-je une chase à distance respectable de celle occupée par le blouson et le sac. On aura compris que le blouson et le sac ont été installés à dessein par un psychologue social. Un individu à accepté de participer à une recherche et s’est retrouvé impliqué dans un scénario construit pour les besoins d’une recherche.

L’objectif d’une recherche est de produire des modèles et des théories validées selon des méthodes et des modes habituels de la recherche scientifique. C’est une démarche de modélisation. La recherche est basée sur une comparaison de différentes conditions, variables.


II. L’attribution causale

Sur l’erreur fondamentale d’attribution :

Sur l’apathie des témoins :


III. Les représentations sociales

3.1 La représentation.

Toute représentation implique nécessairement un objet et un sujet. Une représentation "est le représentant mental de l’objet qu’elle restitue symboliquement. En outre, contenu concret de l’acte de pensée, elle porte la marque du sujet et de son activité" (Jodelet, 1989, p. 37). Etudier une représentation c’est donc étudier le phénomène et le processus liant objet et sujet : l’appropriation, l’interprétation et l’expression d’un objet par un sujet.

3.1.1 La représentation sociale.

Si toute représentation est la représentation d’un objet par un sujet, elle n’est pas nécessairement sociale. Une représentation est sociale en tant qu’elle est partagée par les membres d’une population. Elles sont sociales par un ensemble commun de déterminations agissants sur un ensemble d’individus partageant des caractéristiques communes. Selon Moscovici (1961), les représentations sociales sont des "univers d’opinions" (p.66) propres à une culture, une classe sociale ou un groupe et relatifs à des objets de l’environnement social.

Les représentations peuvent être décrites selon quatre caractéristiques : elles ont organisées, partagées, collectivement produites et socialement utiles. Leur construction, se caractérise par les processus, d’objectivation et d’ancrage.

Formation - émergence

Les représentations sociales sont toujours "collectivement produites et engendrées" (Moscovici, 1961). Moscovici (1961) présentent trois conditions préalable à l’émergence d’une représentation : la dispersion de l’information (l’objet est complexe, barrières sociales et culturelles pour accéder à l’information), la focalisation (position spécifique du groupe social qui va déterminer un intérêt particulier pour certains aspects) et la pression à l’inférence (nécessité que les individus ressentent de développer des conduites et des discours cohérents à propos d’un objet). Ces trois conditions ne peuvent émerger que dans la dynamique du fonctionnement d’un groupe. Supposer l’existence d’une représentation c’est d’abord poser l’existence d’un groupe social donné, "un ensemble d’individus communiquant entre eux régulièrement et situés en position d’interactions avec l’objet de représentation" (Moliner, 1996 (pp37-38)). Les échanges et les communications sont un aspect essentiel dans les processus d’élaboration représentationnelle.

3.1.1.1 Les fonctions des représentations sociales.

Selon Abric (1994), les représentations sociales répondent à quatre fonctions essentielles :

1 - Fonctions de savoir. Les représentations sociales permettent de comprendre et d’expliquer la réalité en offrant un cadre d’intégration aux événements en adéquation au fonctionnement cognitif et aux valeurs du groupe. 2 - Fonctions identitaires. Les représentations définissent l’identité et contiennent les spécificités du groupe. Elles ont la fonction de situer les individus et les groupes dans le champ social. Elles contribuent à l’élaboration et au maintien de l’identité sociale, une identité positive et gratifiante. 3 - Fonctions d’orientations. Les représentations guident les comportements et les pratiques. Les représentations interviennent directement dans la "définition des finalités de la situation" déterminant la démarche cognitive (Abric, 1994, p. 17). Elles produisent également un "système d’anticipation et d’attentes" (Idem) et séléctionnant et en filtrant les informations. Elles sont également prescriptives de comportements et de pratiques par sa définition du licite, tolérable et acceptable dans un contexte social donné. 4 - Fonctions justificatrices. Les représentations sociales permettent de justifer les comportements et positions adoptés dans le système des relations inter-groupes.

3.1.2 Processus : ancrage, objectivation.

Selon Moscovici (1961), l’élaboration d’une représentation sociale repose sur deux processus cognitifs majeurs, l’ancrage et l’objectivation.

L’ancrage est le processus par lequel les individus vont faire usage d’un cadre de référence existant pour approcher un nouvel objet. L’ancrage permet d’inscrire une représentation en élaboration dans l’ensemble des connaissances et valeurs déjà existantes.

L’objectivation est le processus permettant aux individus de donner aux croyances, opinions ou perceptions particulières d’un objet un statut d’informations et de connaissances objectives.

3.1.3 Conditions d’existence d’une représentation sociale.

Les trois conditions présentées par Moscovici ne peuvent expliquer qu’en partie l’émergence d’une représentation sociale dans une situation donnée. Selon Moliner (1996), il existe cinq conditions nécessaires à l’apparition et à l’étude des représentations qu’un groupe donné a élaboré à propos d’un objet donné via le modèle d’étude des représentations sociales. Il s’agit alors avant toute recherche de repérer l’existence préalable de ces conditions, à savoir la présence d’objet, de groupe, d’enjeu et de dynamique sociale et l’absence d’orthodoxie.

L’objet.

"Il n’y a pas de représentation sans objet" (Jodelet, 1989, p. 37). Toute représentation est représentation de quelque chose. De plus, les objets de représentation ont la caractéristique régulière d’être polymorphe (Moliner, 1996, p. 36) et d’avoir valeur d’enjeu (p. 37). Polymorphe parce que regroupant une classe d’objet : le travail n’a pas la même organisation selon des groupes différents. Valeur d’enjeu parce que le groupe a intérêt à avoir une certaine maîtrise notionnelle ou pratique de l’objet.

Le groupe.

Les représentations sociales sont toujours des représentations "collectivement produites et engendrées" (Moscovici, 1961). Le processus représentationnel suppose "des échanges réguliers entre des individus partageant des préoccupations et des pratiques semblables vis à vis d’un objet social donné" (Moliner, 1996, p. 37). L’appartenance au groupe se fonde sur un intérêt commun, une interdépendance facilitatrice dans la poursuite d’un but (Poitou, 1978). Ce groupe doit être entendu comme intégrant la position qu’il adopte par rapport à l’objet. L’objet de représentation doit s’inscrire dans l’histoire du groupe, soit une configuration structurelle (le groupe est construit par l’objet) soit conjoncturelle (le groupe est confronté à l’objet nouveau et problématique).

Les enjeux.

Les enjeux que représente l’objet pour le groupe sont de deux types : l’identité et la cohésion sociale (Moliner, 1996). l’identité psychosociale, comme résultante d’un ensemble de composantes psychologiques et sociologiques, prend tout son sens dans une configuration structurelle du groupe. L’enjeu d’identité va motiver le processus représentationnel. l’enjeu de maintien de la cohésion sociale va se rencontrer avec l’apparition d’un objet nouveau, comme dans la configuration conjoncturelle d’un groupe. L’identité et la cohésion sociale constitue l’enjeu de maintien du groupe social, par l’élaboration d’une vision commune d’un objet.

La dynamique sociale.

La représentation sociale s’inscrit dans une dynamique sociale. Le processus représentationnel d’un objet par un groupe prend son sens dans le rapport qu’entretient ce groupe avec d’autres groupes, l’autrui social. La représentation sociale est la représentation de quelque chose produite par quelqu’un par rapport à quelqu’un d’autre.

L’orthodoxie.

Selon Moliner (1996, p. 46), "la présence et l’action efficace de système de contrôle et de régulation dans une situation sociale, faisant de cette situation un système de orthodoxe, empêche... l’apparition du processus représentationnel en favorisant l’émergence de l’élaboration idéologique ou scientifique. Pour qu’il y ait processus représentationnel, il ne doit pas y avoir de système orthodoxe (spécialisation de l’autorité) organisé par rapport à l’objet en question.

3.2 Les représentations sociales et la théorie du noyau central.

3.2.1 Structure des représentations sociales.

Cette recherche se place dans la perspective structurale des représentations sociales (Abric, 1976, 1987, 1997). Cette théorie envisage les représentations sociales comme des structures sociocognitives régies selon deux instances différentes et complémentaires : le système central, constitué de cognitions non-négociables, et le système périphérique, constitué de cognitions opérationnelles et conditionnelles (Abric, 1994 ; Moliner, 2001).

3.2.3 La dynamique des représentations sociales.

Les représentations sont des structures dynamiques, elles naissent, se transforment et peuvent disparaitre selon l’environnement sociale (Moliner, Rateau, Cohen-Scali, 2002). Il est possible de distinguer trois périodes dans l’histoire des représentations sociales. La phase d’émergence, précède l’apparition des savoirs stables et consensuels attachés à l’objet. Celle de stabilité constituée d’éléments stables, consensuels et inter-reliés. Enfin la troisième phase, celle de transformation, des éléments anciens cohabitent avec des éléments nouveaux, parfois contradictoires.


IV. La catégorisation sociale

Les effets de la catégorisation :


V. Soumission, engagement et dissonance cognitive

Exemple de la prophétie de la fin du monde. Comment réagissent les adeptes après la non réalisation de la prophétie. Ils augmentent l’intensité de leurs croyances.

L’influence sociale prend deux formes : la soumission sans pression et la soumission forcée.

Soumission sans pression :

Le pied dans la porte : Freedman et Fraser, 1966 - accepter de recevoir une équipe de 5 à 6 personnes à domicile pour subir une inspection des habitudes de consommations. 22,2% d’acceptation sans pied dans la porte et 52,8% avec pied dans la porte (faire précéder la requête par une autre beaucoup moins coûteuse, ici, répondre à un bref questionnaire portant sur la habitudes de consommations.

Toujours Freedman et Fraser, 1966 - accepter un panneau publicitaire dans son jardin. 16,7% d’acceptation sans pied dans la porte et 76% avec pied dans la porte et le pied dans la porte est un acte similaire (coller un auto-collant), sinon 47% d’acceptation avec pied dans la porte (thème différent ou acte différent).

l’amorçage : Caldini, Basset, Cacioppo et Miller, 1978. Demander à des étudiants de participer à une recherche à 7h du matin. Avec amorçage (on demande l’acceptation avant de dire l’heure de la recherche) 58% d’acceptation et sans amorçage 31%.

L’engagement selon Kiesler et Sakumura (1966) peut être pris comme signifiant le lien d’un individu à ses actes comportementaux. Seuls nos actes nous engagent et l’engagement de nos actes peut être plus ou moins grand. Kiesler (1971) distingue cinq facteurs :
- le caractère explicite de l’acte (acte plus engageant s’il est public)
- le caractère irrévocable de l’acte
- le caractère répétitif de l’acte (plus l’acte est répété plus il est engageant)
- l’importance de l’acte (doit avoir des conséquences importantes)
- la liberté associée à la réalisation de l’acte (doit être librement réalisé par l’individu. La soumission forcée :

Festinger et Carlsmith ( 1959), on demande aux sujets d’effectuer une tâche ennuyeuse, puis dans un deuxième temps de défendre l’idée que cette tâche est joyeuse contre rémunération et enfin on demande aux sujets d’évaluer l’attrait de la tâche. Plus la rémunération est faible et plus les sujets vont juger la tâche intéressante.

Cohen (1962), on demande à des étudiants de défendre un point de vue contre attitudinal, la présence policière sur le campus. Plus la rémunération est faible et plus les sujets finissent par trouver la présence policière justifiée.

Voir expérimentation de Milgram (Observer le niveau d’obéissance des sujets face à une tâche contraignante : infliger des chocs électriques de plus en plus élevé). (Stanley Milgram, La Soumission à l’autorité : un point de vue expérimental, Calmann-Levy, 1989)

Pour mieux comprendre les effets de l’engagement voir le concept de la dissonance cognitive.

Les effets d’une procédure d’engagement :

P.-S.

A consulter également :

- http://www.psychologie-sociale.com/
- Berjot (Sophie), Delelis (Gérard), Psychologie Sociale, Dunod, Paris, 2005.
- Nicolas (Roussiau), Psychologie sociale, In Press Editions, Paris, 2000.

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